Passion diamant pour le rouennais Frank Margueron

PLEIN LES YEUX. Le joailler Inédit développe le luxe à la rouennaise à travers le monde depuis 1984. A sa tête, Frank Margueron, un autodidacte passionné.


Dans la bouche de Frank Margueron, au fil de la discussion, des mots reviennent, régulièrement : « exceptionnel », « qualité », « authenticité », « plaisir »… On pourrait le prendre pour le discours rodé d’un chef d’entreprise. Mais il suffit de voir ses yeux pétiller lorsqu’il présente un diamant d’une pureté extrême pour voir que la passion a pris le pas sur le bla-bla convenu.
Depuis 1984, rue Jeanne-d’Arc à Rouen, Frank Margueron préside à la destinée d’Inédit, la joaillerie qu’il a créé avec son épouse. Il n’a pas la vingtaine passée et un seul diplôme : celui de moniteur de ski et de voile ! Il ne sera diplômé en gemmologie (spécialiste des pierres de joaillerie) qu’à 30 ans.

Son ambition : « Accompagner des moments inoubliables » Aujourd’hui, le gemmologue dirige dix personnes et a ouvert un espace de vente à Paris, sur la très chic place Saint-Germain-des-Près en 2007. Grâce au web, il s’est fait connaître à l’international. Et une boutique le distribue à Hong Kong. Mais le cœur de la société – son atelier – bat toujours rue Jeanne-d’Arc. « Il paraît que c’est à la mode d’être « Made in France ». Bien, ça fait trente ans que je suis à la mode », taquine Frank Margueron.

Sa force dans ce secteur hyper-concurrentiel, c’est sa réputation. De l’inédit, toujours. D’où le nom de sa boutique. « Je ne vends que ce que je dessine », insiste-t-il. Un point important, car c’est par le dessin qu’il est venu aux pierres précieuses.
Ce Breton d’origine est en effet un passionné du crayonné. Ne lui demandez pas pourquoi, il n’en sait rien : « Mais la création, découvrir une belle ligne, la mettre en musique, j’adore ça. »

Depuis tout jeune, il baigne aussi dans le monde du bijou. Ses parents tiennent une bijouterie en Bretagne. Mais c’est à Rouen que tout se joue. « J’avais des amis ici. J’ai eu la possibilité de me lancer et j’ai ouvert ma boutique. »Parrainé dans le métier par le joaillier Alain Boucheron, Frank Margueron

démarre en 1984 dans le milieu. Mais, quand il crée son propre magasin, il se spécialise dans les pierres non traitées qui ne représentent que 15 % du marché (lire par ailleurs). Saphirs, diamants, émeraudes… Il ouvre les plis et les trésors apparaissent. Il connaît leurs histoires par cœur. « Ce n’est pas le prix d’une pierre qui m’intéresse. Ce n’est pas ce qui fait sa qualité. Ce que j’aime, c’est ce que je pourrais en faire un jour. » En parlant, il dessine un projet de bague, fignolant le détail, valorisant les facettes d’une pierre aux mille éclats. « Si un jour je dois changer ma méthode de travail, j’arrête », glisse-t-il.

Son fils marche dans ses pas. Dans l’atelier, il dessine aussi les futurs bijoux qui viendront « accompagner un moment qui doit être inoubliable pour ceux qui l’achèteront. » La moindre création, c’est minimum une trentaine d’heures de travail. Les prix ? A partir de 1 500 €. Après, il n’y a presque plus de limite. Mais Frank Margueron préfère rester discret quant au chiffre d’affaires. Noël demeure tout de même le point d’orgue de l’année du haut de ses 40 % du CA.
En janvier, il sera à Tokyo pour le salon international de la joaillerie. Un événement où seuls une douzaine de Français ont un stand. Avec son équipe, il peaufine les créations exceptionnelles – dont un nouveau type d’alliances – qu’il veut présenter. D’éternels, il n’y a pas que les diamants. La passion l’est aussi.

Anthony Quindroit, Paris Normandie ( 26 Décembre 2012 )

Univers Inédit

Gemmologie »

Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. "Pablo Picasso"

Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge. « Pablo Picasso »

Au XIXe siècle, le nom rubis « rubens »  rouge en latin est ad[...]
Lire l'article »

Joaillerie »

Pendentif "Jardin"

Pendentif « Jardin »

Lors de notre exposition au Carrousel du Louvre, nous avons, cette foi[...]
Lire l'article »