Taste of Life Magazine

Collier « Jardin »

Classé « Joaillerie de France » et « Entreprise du Patrimoine Vivant », INEDIT a installé son atelier pour une période de quatre jours, au Grand Palais à Paris, du 10 au 13 septembre à Révélations, la Biennale Internationale des Métiers d’Art et de la Création.

Fondé à Rouen en 1984, par Frank Margueron et son épouse Carole, INEDIT crée des bijoux exclusivement faits à la main, souvent sur mesure. En 2007, l’entreprise ouvre une deuxième boutique à Saint-Germain-des-Prés, lieu emblématique de la culture et de la création française.

Depuis 2 ans, INEDIT crée des pièces patrimoniales au sein des monuments parisiens. Au salon Révélations de 2013, l’atelier a créé la bague Grand Palais, inspirée de la verrière du Grand Palais. Un peu plus tard, une autre pièce, le collier Jardin, a été créée dans le Carrousel du Louvre en hommage au jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre afin de célébrer son 400ème anniversaire.

TOL: Vous faites partie de la haute joaillerie française. Vous avez obtenu les labels les plus prestigieux de la joaillerie. Pourriez-vous nous dire que signifient ces labels ?

F.M: Nous avons deux labels : « Entreprise du Patrimoine Vivant » et « Joaillerie de France ». Ces labels sont obtenus à condition que vous soyez vraiment artisan et artisan d’art et que vous vous engagiez à pérenniser ce métier, en formant des jeunes. Que vous n’utilisiez pas de sous-traitance, c’est à dire pas de délocalisation, chaque objet doit être fabriqué, monté, serti et poli réellement au sein de vos ateliers en France dans le respect des normes éthiques de la tradition de la joaillerie artisanale française et le respect des accords de Kimberley. Un protocole mis en place et encadré par l’ONU pour éviter le trafic des pierres précieuses à travers le monde. Notre spécificité c’est justement au niveau des pierres. Nous ne travaillons que les pierres de la plus haute qualité. Nous ne proposons jamais des pierres modifiées ou chauffées, mais uniquement des pierres naturelles non traitées. Ce créneau ne représente que 15% de la production mondiale.

TOL: Comment êtes vous entré dans ce métier ?

F.M: Mes parents étaient dans le métier. Ils habitaient une petite ville en Bretagne. Ils n’étaient pas dans la joaillerie mais dans une bijouterie un peu plus traditionnelle. Moi, je me suis installé à Rouen où j’ai rencontré mon épouse. Étant passionnés par tout ce qui touche à la création et au dessin, on a eu envie de proposer autre chose que ce que l’on trouve habituellement, de fonder notre activité sur une sensibilité artistique. Vous verrez ici des pièces uniques. On ne crée pas une collection et on n’essaie pas de vendre des quantités. Pendant des années nous avons travaillé en tant que sous-traitants pour différentes maisons de la Place Vendôme. Les années ont passé. Des grandes marques ont été rachetées par de grands groupes qui ont décidé d’ouvrir des magasins à travers le monde. Ces marques vendent des séries. Nous, nous ne travaillons pas avec des séries. On a deux grandes collections, la ligne Arabesque et la ligne No 7. Ce sont des fils d’or assemblés à la main, nous avons une collection qui est faite de pièces uniques.

Pendentif « Eiffel »

TOL: Vous sortez de nouvelles collections tous les ans ?

F.M: Tous les ans, on sort des pièces nouvelles mais pas de collections. On pourrait dire que tous les mois on sort des pièces uniques. Aujourd’hui il y a différentes manières de créer les bijoux soit à l’ordinateur avec des imprimantes 3D, soit en fonderie. Ici ce sont des pièces uniques, on peut aussi créer un modèle autour d’une pierre. Toutes nos pièces sont numérotées, signées et accompagnées d’un carnet avec l’histoire et les étapes de la création. Quand vous achetez chez nous, vous êtes sûrs de ne pas trouver le même modèle ailleurs.

TOL: Que signifient les savoir-faire dans votre métier ?

F.M: Par exemple, quand un jeune qui sort de l’école arrive chez nous, et qu’on lui demande de fabriquer une bague simple, en général il va passer 40 à 50 heures uniquement pour assembler les fils. Au bout de 2 à 3 ans qu’il aura travaillé chez nous ce travail lui prendra 16 à 18 heures. Les savoir-faire ce n’est pas uniquement dans la joaillerie. Dans le domaine de la fabrication des instruments de musique, par exemple, c’est pareil. Il y a des choses qu’on vous apprend à l’école et après il y a de petites astuces que connaissent les artisans parce que ça fait 10, 15 ou 20 ans qu’ils fabriquent des bijoux ou des instruments de musique et ce sont ces petites astuces-là qu’ils vont apprendre aux jeunes. C’est ainsi que les savoir-faire se transmettent.

Bague « Révélation » Grand Palais

J’aime mon métier, c’est un métier artistique. C’est une passion comme tout métier artistique. Je parle aux gens de ce qu’ils aiment et on crée ensemble leur bijou à eux. On vit une aventure ensemble. Frank Margueron

TOL: Vous êtes toujours basés à Rouen. Pourquoi ne pas choisir Paris ?

F.M: À Rouen on a crée notre affaire. On a 2 000 clients qui sont fidèles. On a ouvert une boutique à Paris car on exporte. Tous les trois mois je vais à Tokyo, où on a un agent qui organise des expositions avec la clientèle VIP. Partout dans le monde quand vous parlez de la Place Saint-Germain-des-Prés à Paris, les gens savent où c’est. Car derrière la Place St-Germain-des-Prés, il y a toute une histoire culturelle et littéraire. C’est vraiment l’endroit où les gens cherchent quelque chose de différent.

TOL: Qu’est-ce qui caractérise votre clientèle ?

F.M: La majorité de la clientèle est française. Sauf dans le magasin de Paris où 40 % du chiffre d’affaire est lié à l’export. Beaucoup d’Américains, quelques italiens.

TOL: Quelles sont vos motivations pour continuer malgré les difficultés ?

F.M: J’aime mon métier. Quand vous voyez les gens dans la Haute-couture qui travaillent tard le soir, ils ne comptent pas les heures qu’ils passent autour d’une création. On fait ça parce qu’on aime ça. C’est un métier artistique. Quand vous dessinez un bijou vous pouvez le dessiner partout. C’est une passion comme tout métier artistique. Je parle aux gens de ce qu’ils aiment et on crée ensemble leur bijou à eux. On vit une aventure ensemble et ça me plaît. C’est vous-meme qui créez le bijou.

TOL: Est-ce que vous voudriez créer une grande maison ou rester une petite entreprise familiale ?

F.M: Déjà, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on crée une grande maison. Mais peut être aussi que la clientèle qui peut être intéressée par nos pièces est plus disposée à venir faire l’acquisition d’un bel objet à l’endroit où il est fabriqué plutôt que dans une boutique au bout du monde. Par exemple, en Chine aujourd’hui, il y a ce désir d’authenticité d’aller à la source, de voir comment c’est fabriqué et de s’ouvrir à la culture de l’objet même.

TOL: Comment avez-vous conçu la bague Grand Palais il y a deux ans?

F.M: L’idée m’est venue quand j‘étais dans un embouteillage devant le grand Palais. J’ai parlé à mon fils au téléphone et je lui ai dit qu’il fallait quand-même réfléchir à une idée originale pour la biennale au Grand Palais. J’étais en train de regarder la verrière du Grand Palais et au même moment il m’a dit : « on devrait peut-être s’inspirer de la verrière du Grand Palais ». Et j’ai répondu, « ça y est c’est bon ». Mais la contrainte était de travailler sans chalumeau, un instrument indispensable pour le métier. Mon fils m’a dit que la verrière du Grand Palais a été construite sans soudure, qu’avec des boulons. Donc il a fallu miniaturiser tout ça.

TOL: Au salon Révélations 2015 créerez-vous encore un objet sur place ?

F.M: Nous sommes le seul joaillier à se produire au Grand Palais en direct pour y créer une pièce unique. Cette année on va dessiner le bijou le premier jour et pendant les 4 jours les visiteurs pourront voir sa progression. Cette année la pièce fait appel à l’histoire de notre planète. L’idée est de rassembler tout ce qui compose notre planète. Nous fabriquerons une pièce au Grand Palais qui agrandira notre collection patrimoniale. Deux pièces numérotées composées des mêmes matériaux pourront également être commandées. Il s’agira donc d’une surprise, tant pour les visiteurs que pour les deux commanditaires.

INEDIT Rouen

70, Rue Jeanne d’Arc 76000 Rouen

INEDIT Paris

14, Rue de l’Abbaye 75006 Paris

www.inedit-joaillier.fr

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